Face à l’apparition de la dermatose nodulaire contagieuse (DNC) sur le territoire français, Bio Cohérence souhaite avant tout exprimer son soutien aux éleveurs concernés, déjà fortement fragilisés par un contexte agricole, économique et politique difficile.

Cette crise touche des femmes et des hommes profondément attachés à leurs animaux, qu’ils élèvent, soignent et accompagnent au quotidien. Le bien-être animal est au cœur de leur métier et de leur engagement, et les décisions sanitaires vécues aujourd’hui sont humainement douloureuses pour des éleveurs qui aiment leurs troupeaux.

 

Un contexte agricole déjà profondément dégradé

L’agriculture et les éleveurs français traversent une période de crise : inflation des charges, hausse des coûts de l’énergie et de l’alimentation animale, manque de visibilité économique, changement climatique, etc. À cela s’ajoutent aujourd’hui les inquiétudes liées à une possible signature de l’accord de libre-échange avec les pays du Mercosur, qui menace directement l’élevage français par une mise en concurrence accrue avec des productions ne respectant pas les mêmes standards sociaux, environnementaux et sanitaires.

Dans ce contexte, la crise sanitaire liée à la DNC agit comme un facteur aggravant, venant renforcer un sentiment de découragement et d’injustice de la part des agriculteurs.

 

La gestion sanitaire doit être collective, territoriale et humaine

La gestion sanitaire d’une telle épizootie concerne l’ensemble de la profession et de la société. Elle ne peut reposer uniquement sur les épaules des éleveurs touchés, ni se traduire par une mise sous tension des territoires ruraux, comme ça a été le cas en Ariège.

Bio Cohérence ne remet pas en cause la nécessité de protéger la santé animale et de contenir la maladie. Mais le sanitaire est l’affaire de tous et doit s’inscrire dans une stratégie collective, construite avec les éleveurs, les vétérinaires, les organisations agricoles et les territoires.

Nous appelons à un renforcement immédiat de la communication, de la pédagogie et de la présence humaine de l’État auprès des éleveurs concernés. L’envoi de forces de l’ordre dans les fermes est une violence supplémentaire. À l’inverse, c’est la présence des responsables politiques, et notamment la Ministre de l’Agriculture, sur le terrain, aux côtés des agriculteurs, qui est nécessaire pour apaiser, expliquer et construire collectivement les réponses.

Faire porter aux éleveurs le coût humain, économique et éthique de la protection des flux commerciaux internationaux est inacceptable.

 

 

Adapter les réponses sanitaires aux réalités des territoires

La gestion de la DNC doit pouvoir s’adapter au cas par cas, en tenant compte des réalités locales, des pratiques d’élevage, de l’état sanitaire des troupeaux et de la vaccination déjà mise en œuvre. Une approche uniquement descendante, fondée sur des protocoles standardisés à l’échelle européenne ou internationale, ne peut répondre à la diversité des systèmes agricoles français.

 

Préserver le patrimoine vivant de l’élevage

Dans les élevages bio et paysans, souvent de petite taille, l’abattage total des troupeaux comporte également une dimension patrimoniale et génétique majeure. La disparition de petits effectifs peut entraîner la perte irréversible de lignées et de gènes.

Bio Cohérence réaffirme sa solidarité avec l’ensemble des éleveurs touchés par la dermatose nodulaire contagieuse.

Enfin, le label Bio Cohérence rappelle que les crises sanitaires à répétition interrogent en profondeur notre modèle agricole. La relocalisation de l’économie, le renforcement de l’autonomie des fermes, la réduction de la dépendance aux échanges internationaux d’animaux vivants et la valorisation des productions sur les territoires sont des leviers essentiels de résilience.

L’agriculture paysanne, fondée sur des fermes à taille humaine, des liens forts au territoire, la préservation du patrimoine vivant et l’autonomie des éleveurs, constitue une réponse crédible et durable aux défis sanitaires, climatiques et économiques auxquels l’agriculture française est confrontée.

 

Le label Bio Cohérence défend ce modèle agricole, au service des paysans et des territoires.

 

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Elevage biologique